| Un peu dhistoire Partout en Europe, depuis les
temps les plus reculés, les célébrations du mois de mai sont loccasion de
divertissements collectifs qui exaltent la force végétale et la vitalité de
lhomme.
Pour les Romains, le mois
de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité, projection de lénergie
vitale, lune des représentations de la Terre-Mère.
La date du 1er mai avait une importance
toute particulière dans le monde celtique où elle correspondait au
culte de Beltaine, qui signifie " feux de Bel ".
Mais, dans le calendrier européen,
cest larbre de mai, le may-pole, qui exprime lacte primordial de
la régénération cosmique. Larbre, qui incarne toujours la vie inépuisable, mais
" dompté ", coupé et décoré, conduit en cortège au centre du
village, transmet à la communauté ses forces et sa vigueur. Cette communion est
stimulée par des danses et des chants.
La joyeuse tournée qui sensuit passe
dans chaque maison pour quémander des victuailles. Les dons de mai, trait commun
aux cultures européennes, contiennent néanmoins toujours des oeufs, des fruits secs, et
des gâteaux spécifiques, symboles de lindestructibilité de la vie.
(Extraits de
" Fêtes et croyances populaire en Europe " par Yvonne de Sike)
La quête de mai
" Faire la quête " se
dit dès le Moyen Age déjà: quérir, courir ou chanter le mai.
Les dons sont de type rural ordinaire et consistent en oeufs et en lard de préférence,
pour la confection de lomelette pour ainsi dire rituelle.
A partir du XIXe siècle,
en Mai comme dans les autres Cycles, ces dons en nature se sont souvent transformés en
dons de sous ou de pièces. 
(Extrait de "
Manuel de folklore français contemporain " par Arnold van Gennep)

En
Gruyère
Les " Mayintsètè "
désignent les enfants qui vont de maison en maison chanter le mois de mai. En patois
gruérien, ce mot signifie aussi " mésanges ".
En campagne comme en ville, le 1er mai a
gardé son caractère. Les enfants , fillettes et garçonnets, à deux ou à trois, avec
un brin de crainte, se hasardent en tout domicile et, tout à coup, se figent pour
chanter.
Dautres se succèdent sans interruptions, de sorte que durant une journée entière,
chaque maison, chaque étage, chaque magasin, chaque bureau se transforment en volière
délicieuse. Lon prépare davance la monnaie, les biscuits, le chocolat, les
oranges. Les uns vont dans les poches, les autres dans les paniers.
Chansons et requêtes se
modulaient naguère en patois, et M. Brodard qui est de La Roche en
Gruyère se souvient de lair à deux notes où salignaient les paroles:
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