Lyoba

La Rindya (La désalpe)

Ce beau mot patois ("La Rindya") nous vient du temps où les teneurs de montagne prenaient en location des vaches pour agrandir leur troupeau. Dans ce temps là, avec un troupeau de quarante à cinquante vaches on pouvait fabriquer au moins un beau fromage tous les jours, même trois fromages en deux jours durant les premières semaines d’alpage. Alors, les paysans qui ne possédaient que vingt ou trente vaches en louaient pour composer un beau troupeau qui restait environ quatre mois dans les hauts alpages sans redescendre

En automne, à la fin du mois de septembre, quand les hauts pâturages étaient broutés, le troupeau redescendait en plaine et c’est alors qu’on rendait à leur propriétaire les vaches louées. Et, c’est de là que vient ce beau mot patois: La Rindya.

Comme pour la poya (l’alpée), pour la rindya, les vaches étaient toute bichonnées, étrillées, les queues lavées et tondues, vraiment préparées comme pour une grande fête. Au dernier moment, on les fleurissait et quelques unes des plus belles avaient droit à un buisson noué sur la tête entre les cornes. Puis, il fallait encore leur pendre les clochettes. Une partie du troupeau portait les grosses sonnailles avec des belles courroies brodées, blanc sur noir ou noir sur blanc avec les initiales du propriétaire. Pour le reste du troupeau, il y avait de belles grandes clochettes avec aussi de très belles courroies brodées.

Le " barlatê " transportait avec le mulet tout le " train du chalet ", jusqu’à l’endroit où l’on pouvait arriver avec un char. Là, tout était chargé sur ce char. Il y avait les malles des armaillis, tous les outils du chalet: baquet à lait, petits baquets à crème, grand fouet, tranche-cailler, passoire avec son support, baquets à traire, baratte, oji (châssis servant à transporter les fromages sur la tête et les épaules), le bât du mulet ainsi qu’un grand nombre d’outils et instruments trop long à détailler. Sur l’arrière du char on y mettait la chaudière renversée et encore les chaises à traire suspendues par derrière. Puis on recouvrait l’avant du char d’une couverture rouge ce qui signifiait que le troupeau était franc de dettes.

Quand tout était prêt, les armaillis et le garçon de chalet allaient revêtir leur " bredzon " du dimanche, le capet, le beau loyi (poche à sel) neuf qu’on portait uniquement pour la poya et la rindya et la canne à la main ils appelaient ce troupeau qui piétinait devant la barrière. Une fois équipées de leurs clochettes, on avait du mal de retenir ces vaches qui savaient qu’elles étaient prêtes pour le grand voyage. Ceci aussi bien le printemps pour l’alpée que l’automne pour la désalpe. Il n’y avait plus qu’à atteler le mulet au " train du chalet " et le troupeau s’ébranlait dans un tintamarre de clochettes et de sonnailles. C’était le jour de la rindya.

Depuis une bonne dizaine d’années, le dernier samedi de septembre dans le beau village de Charmey on fête la rindya. Depuis neuf heures du matin jusqu’au grand midi, une dizaine de troupeaux, tous plus beaux les uns que les autres, fleuris et bariolés de toute couleurs, arrivent les uns après les autres de ces chalets d’alpage des alentours et même du Motélon et c’est ainsi que là-haut on fête ce beau jour. Les gens y viennent par milliers de toutes parts. De la Romandie, de la Suisse entière et même de l’étranger pour voir passer ces beaux troupeaux et pour fêter jusque tard dans la nuit avec les gens de Charmey le jour de La Rindya.

La Rindya

Les pâturages sont broutés, Adieu les beaux vanils
Les chalets sont fermés, Adieu jusqu’au printemps
Les troupeaux sont rentrés Bientôt la Saint-Denis
C’est la Rindya C’est la Rindya

Texte composé par Albert Bovigny




•  GALERIES PHOTO PANORAMIQUES IMAGES D'ARRIERE PLAN OUVRAGES DE CHEZ NOUS PETITES ANNONCESANNUAIRE  RUBRIQUE INTERNET DU JOURNAL LA GRUYERE S'ABONNER AU MESSAGE DU MOIS RECOMMANDER LYOBA à UN AMI RECHERCHER SUR LE SITE  LES CONCOURS   PUBLICITÉ   CONTACTER LE WEBMASTER

Google
 
sur le web mondial sur www.lyoba.ch
Lyoba
Copyright © 1996-2009