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Saint-Nicolas à Bulle: une tradition
vivante L'évêq ue Nicolas de Myre
a vraiment existé, au 3ème siècle de notre ère. Les miracles qu'on lui a
attribués expliquent la dévotion quasi mystique dont il a été l'objet au
fil des siècles, atteignant son apogée au Moyen-âge. On lui
a consacré moult églises et cathédrales, et il est devenu le saint patron
de confréries aussi diverses que les marins ou les avocats, et bien sûr
aussi des enfants.
Naissance d'une tradition
Voici
plus de cinquante ans, la société de théâtre amateur "Les Tréteaux de
Chalamala" faisait naître la tradition célébrant la Saint-Nicolas selon un
rituel qui n'a pas varié jusqu'à aujourd'hui.
Saint Nicolas, en grand apparat et barbe fleurie, descend à Bulle chaque début décembre accompagné d'une cohorte colorée
d'angelots, de Flons-Flons et de Pères Fouettards. Il apparaît au public lors d'une
saynète originale où il est mis en scène, et qui se termine par une distribution
générale de biscômes au miel paradisiaque. A la nuit tombée, Saint Nicolas parcourt la
ville en cortège au flambeaux, trônant sur un char majestueux tiré par des chevaux. La
musique des cuivres,
les torches fumantes, l'âne de Saint Nicolas et la cloche du noir Père Fouettard créent
cette atmosphère si particulière qui renvoie la foule de spectateurs plusieurs siècles
en arrière.
Saint Nicolas, patron des enfants
Mais
les activités terrestres de notre bon évêque ne sont pas terminées ! Durant la
semaine, Saint Nicolas visite bon an mal an une centaine de familles. Aux enfants
impatients, yeux écarquillés devant cette apparition venue d'un autre âge, il prodigue
les bons conseils d'usage et les cadeaux d'encouragement, non sans avoir écouté
religieusement la poésie ou la chansonnette traditionnelles.
A d'autres familles déshéritées, aux instituts, à l'hôpital, il apporte grâce à la
musique le réconfort moral et un peu de cette magie qui font surgir une larme chez les
plus endurcis. L'enfance remonte jusqu'au bord des lèvres, lorsque les Flons-Flons
entonnent "Les souvenirs du temps passé", et que sourit l'Abbé Bovet, leur
célèbre auteur.
L'évêque de Myre est remonté en Paradis. Et les petits comme les grands Bullois ravis
attendent, déjà impatients, la prochaine venue de Saint Nicolas ...
Et moi, je suis l'âne de St-Nicolas et je m'apelle
"Souris". Avec des cadeaux plein ma hotte pour les enfants sages, j'ai donné
des joies aux enfants bullois de 1966 à 1972! Du haut de mon nuage, je me rappelle de
merveilleux souvenirs...
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