Restons en Suisse, restons bien suisses! Aujourd'hui, je vous
emmène faire le tour de Suisse des sites cantonaux. Bien sûr, nous
aurions pu inviter comme guide de charme la nouvelle Miss Suisse, Jennifer
Ann Gerber, étudiante destinée à une carrière
journalistique. Celle-ci ayant cru que la Suisse compte 12 cantons
seulement, partons sans elle et cherchons un guide plus
fiable.
En saisissant sur le moteur Google.com l'expression "liste
cantons suisses", c'est un premier bon point qu'on peut
attribuer au site du canton de Fribourg qui les réunit tous à cette
adresse. Attribuons plutôt un demi bon point, puisque les liens
ne sont pas à jour. Un initié aurait pu trouver une page similaire
dans le site de l'Administration fédérale, à www.admin.ch/ch/f/schweiz/kantone.
Heureux possesseurs de ces deux pages de référence, vous vous rendez
compte qu'on n'en n'a pas besoin (du moins si l'on n'est pas Miss
Suisse!). Pourquoi? Tout simplement parce que les cantons se sont
vu attribuer un privilège spécial de la part de Switch,
l'organe d'attribution et de gestion des noms de domaines pour la
Suisse et le Lichtenstein: les deux lettres d'abréviation officielle
(minéralogique) de chaque canton. Sachez que dans les conventions des
noms de domaines, on exige un minimum de trois lettres avant
l'extension .ch. En bref, pour trouver le site du canton de
Genève, vous tapez www.ge.ch, pour le
canton de Vaud www.vd.ch (ne
confondez pas avec le .com, car avec la dernière adresse, la
confusion vous emmène tout droit dans un site pornographique. Les
édiles vaudois n'apprécient guère!), et ainsi de suite. Tous
les cantons possèdent leur site, le tout dernier étant celui
d'Appenzell Rhodes extérieures (www.ar.ch).
Quels sont les rôles et les fonctions d'un site cantonal?
Il suffit de les visiter pour y trouver la réponse. On y retrouvera
systématiquement les informations "classsiques" sur les
structures politiques, judiciaires, sociales et économiques. Elles
sont souvent complétées par des rubriques consacrées à leur
histoire, au tourisme, à la culture et à la vie locale. Du tout
logique, quoi. Pour juger de la qualité d'un site cantonal, il faut
absolument considérer deux aspects, le graphisme et le contenu, ce
dernier étant évidemment primordial. Aucun des 26 sites n'est tombé
dans le piège de l'accueil en animation flash, et c'est tant mieux.
Les sites les plus récents ont conçu leur page d'accueil comme un
portail, les sites plus anciens sont évidemment plus confus, moins
bien structurés et de ce fait plus ardus dans la navigation.
L'intégration de plusieurs langues n'est pas systématique dans tous
les cantons. Certes, les cantons bilingues (y compris le canton de
Berne) offrent les deux langues nationales, le site cantonal des
Grisons (www.gr.ch) offrant en plus le
romanche. Les cantons suisses allemands n'offrent en général que la
langue allemande, à l'exception de Schaffhouse (www.sh.ch)
et d'Appenzell Rhodes intérieures (www.ai.ch)
qui ont fait le choix d'une deuxième langue, l'anglais. Mais n'est-il
pas étonnant que des cantons comme Genève (www.ge.ch),
Zürich (www.zh.ch) ou Bâle-Ville (www.bs.ch)
n'aient pas prévu une deuxième langue? Je ne vais pas faire une
critique systématique de chaque site, une pleine page n'y suffirait
pas. A vous d'attribuer vos propres coups de cœur.
Comment vont évoluer les sites cantonaux? Ils sont
confrontés à deux alternatives. Soit simplement mettre à jour
régulièrement le contenu de "service public" actuel, soit
se transformer en portail principal de leur canton. Neuchâtel (www.ne.ch)
s'oriente clairement dans cette voie, qui n'est pas évidente. Où est
la limite entre le service public et la liberté de commerce exercée
par les entreprises privées? Il y a évidemment un problème de
concurrence qui méritera attention.
Autre petit problème. Dans certains cantons, la capitale porte le
nom du canton. Comment les distinguer et les trouver sur le net? On
tombe sur quelques surprises intéressantes que nous découvrirons
dans un prochain article.
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