Rubrique n° 17

Le commerce électronique: Prêt à partir?

Lorsqu'on parle de commerce électronique, on pense surtout au magasin virtuel, représenté par un site Internet sur lequel on commande directement les objets souhaités. On attend avec impatience le vrai départ de ces commerces virtuels. Mais posons-nous la question: tous les ingrédients sont-ils actuellement réunis?

Reportons-nous quelques siècles en arrière et voyons les ingrédients nécessaires à l'échange de biens sur une large échelle . Il fallait d'abord des lieux suffisamment fréquentés (place publique, points de passage obligés comme des ponts, des douanes, des réunions populaires, des spectacles de rue, etc.). Le vendeur devait présenter à l'acheteur potentiel des objets ou services aptes à répondre à sa demande (sel, épices, aliments, outils, vêtements, métier qualifié, etc.). Il fallait aussi une monnaie d'échange sûre (pièce de métal précieux, papier de valeur garantie). Enfin, il fallait aussi établir un climat de confiance entre le vendeur et l'acheteur, qui n'avait pas envie de se faire rouler. Tous ces éléments sont-ils réunis sur Internet?

La place publique, c'est le réseau Internet étendu à toute la planète. C'est la plate-forme idéale. Y a-t-il assez de monde pour y accéder? On peut répondre par l'affirmative. On estime à plus de 400 millions le nombre total d'internautes. En Suisse, les dernières estimations indiquent que 10 % de la population utilise régulièrement Internet, nombre suffisant pour envisager sérieusement le commerce en ligne, surtout lorsqu'on apprend que ce sont en majorité des personnes à bon pouvoir d'achat. Les offres répondent-elles à une demande? Pas toujours. Il y a nombre d'objets qu'on veut voir, comparer, sentir, toucher. Leur présence sur Internet est malgré tout justifiée pour simplement se faire connaître. Les mois prochains nous diront plus clairement quels services sont les plus immédiats. La monnaie d'échange, c'est la transaction effectuée par le biais d'un formulaire de commande en ligne mentionnant expressément votre référence bancaire et le numéro de votre carte de crédit. Enfin, dernier élément: la confiance, c'est-à-dire être sûr que vos données sensibles arrivent dans de bonnes mains.

Ces deux derniers éléments sont les points faibles actuels d'Internet. Le risque réel de piratage informatique, donc l'interception malhonnête des données durant leur transmission, est en fait minime. Cela relève même plus du mythe que de la réalité. Pour le pirate, il est logiquement plus intéressant de s'attaquer directement au serveur d'une banque qui gère des transactions financières que de trier des milliards de bits transitant sur le Web. Cependant, si l'on veut rassurer l'internaute (au contraire des Américains, les Suisses ont très peur!), il est impératif que des clés de sécurité et des systèmes de codage inviolables soient introduits le plus rapidement possible. Mais quels seront les standards? Comme vous pouvez l'imaginer, chaque groupe d'intérêt cherche à imposer son propre standard, le gagnant pouvant alors véhiculer les transactions à l'échelle mondiale. On se bat ferme! Il reste encore un dernier problème qui lui, ne pourra trouver de véritable solution: faire confiance au vendeur. En d'autres termes, allez vous recevoir la marchandise commandée et préalablement débitée de votre compte bancaire? Là, c'est vraiment une question de confiance, liée à l'image positive que vous donnera l'entreprise.

 

Pierre Schwaller

(Pierre.Schwaller@lyoba.ch)


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