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Une arnaque particulièrement subtile sévit en Europe
depuis quelques mois. En France, elle aurait déjà fait plusieurs dizaines
de milliers de victimes. La Suisse n’est évidemment pas épargnée. Cette
arnaque vise les annonceurs de petites annonces des sites internet.
Voici comment se déroule l’arnaque : Vous avez déposé
une annonce sur un site internet pour vendre un objet de valeur, comme un
animal, une moto ou une voiture. Une personne répond, généralement en
anglais (ou dans un français très, très approximatif) à votre annonce et
se dit intéressé à exporter le bien dans son pays (un pays de l’Union
européenne). Il vous envoie alors un chèque par le biais de FedEx ou DHL,
ce qui renforce votre confiance. Vous vous apercevez alors que le chèque
mentionne une somme bien supérieure à ce qui avait été convenu. La
personne trouve une excuse (l’imagination n’a pas de limites) et vous
demande de lui restituer une partie du surplus, un dédommagement (2 à 4
mille francs) vous étant généreusement accordé pour vos propres frais et
dérangement (une vraie aubaine que de gagner de l’argent sans rien
faire!). Vous vous rendez à votre banque pour encaisser le chèque. Dans
certaines conditions (voir plus bas), la banque prend le chèque et le
crédite immédiatement sur votre compte. Rassuré, il vous reste encore à
renvoyer le surplus à l’acheteur, qui vous a expressément demandé de le
faire par la Western Union. Subtil, car vous lui envoyez ainsi du cash
qu’il peut toucher en moins d’une heure sans décliner sans identité.
Où est le hic? Cest que quelques jours plus tard (cela peut aller jusqu’à
20 jours), votre banque vous informe que le chèque s’avère non valide
(sans provision, volé, etc.). Elle crédite donc votre compte de cette
somme, additionnée de certains frais de dossier. C’est à ce moment que
vous réalisez que vous avez été la victime d’un arnaqueur et que vous avez
perdu la somme envoyée par Western Union. Dans le pire des cas,
l’acheteur, habile manipulateur, a même pu annuler son achat en vous
demandant de renvoyer une grande partie du montant du (faux) chèque par
Western Union, vous gratifiant d’une petite commission. Il ne vous reste
plus que les yeux pour pleurer, les démarches judicaires aboutissant
rarement.
Comment éviter de tomber dans un tel piège ?
On n’achète pas un objet sans le voir – on ne paie pas
fréquemment par chèque, mais par virement bancaire ou en cash – aucune
raison que la somme versée soit supérieure à la valeur de l’objet et que
le surplus soit reversé en cash par Western Union – ne pas engager de
transaction contractuelle dans une langue mal maîtrisée – il faut pouvoir
téléphoner à l’acheteur et s’assurer de son identité.
Et la banque ?
Renseignements pris auprès d’une source bancaire avisée, on peut résumer
ainsi le comportement des banques. Si vous n’êtes pas client de la banque
auprès de laquelle vous vous présentez, elle refuse le chèque et vous
renvoie vers votre banque. Si vous avez un compte dans cette banque, mais
qu’elle ne vous connaît pas suffisamment, elle attendra la confirmation de
la validité du chèque avant de le créditer sur votre compte. Cela peut
durer plusieurs jours, voire semaines. Si votre banque vous connaît bien
(bonnes relations avec la banque), elle vous crédite immédiatement le
chèque, en ajoutant la mention SBF (Sous Bonne Fin), c.a.d. sous réserve
de la validité du chèque présenté.
Insistons bien : ce n’est pas parce que votre banquier accepte et crédite
immédiatement le chèque présenté que ce chèque soit forcément couvert. Il
peut très bien s’avérer «sans provisions» après quelques jours !
Tout aussi important, il convient d’être à la fois moins cupide
(l’argent ne tombe pas du ciel !) et moins naïf. Internet n’est pas la
«cour des miracles».
Quelques liens sur cette arnaque:
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