Rubrique n° 22

Bombardement publicitaire

"Peut-on réellement s'opposer aux envois systématiques de publicité dès que l'on a communiqué son e-mail à un fournisseur?" C'est l'une des questions posées par un lecteur du journal la Gruyère. Disons le sans ambages: il est impossible d’empêcher totalement tous les courriers à base promotionnelle non désirés. En prenant un certain nombre de mesures, il est pourtant possible de les limiter. Il s'agit alors de tout faire pour ne pas laisser son adresse électronique à la vue de tiers. Voici quelques exemples à éviter: répondre dans un newsgroup, s'inscrire pour recevoir des renseignements dans un site quelconque du Web, annoncer son identité dans un moteur de recherches d’e-mails, obtenir un e-mail gratuit (Hotmail, Caramail, etc.), accepter que votre adresse figure sur un site Internet (par exemple en figurant dans la liste des membres d'une société), figurer dans la liste ouverte (en TO ou en CC) d’un courrier, confier son e-mail et son nom chez un fournisseur, s’abonner à une liste de diffusion, etc.. Mais alors, à quoi bon avoir Internet ? On peut évidemment refuser un message en le retournant à l'expéditeur et en inscrivant dans le champ " sujet " les expressions " remove " ou " remove me from the list " ou " unssubscribe ". Cela fonctionne dans la majorité des cas. La solution d’urgence serait de demander à votre fournisseur d'accès de vous attribuer une nouvelle adresse e-mail et de supprimer l'ancienne.

Que coûte réellement Internet? Cette question revient fréquemment. Prenons un exemple concret. Vous consacrez mensuellement 40 heures " en ligne " à la pratique d’Internet. Admettons que vous soyez connecté 10 heures en plein tarif (10* 4 francs), 15 heures en bas tarif (15 x 2 francs) et les 15 dernières heures en tarif de nuit (15 x 1 franc). Ajoutez-y le coût mensuel de connexion chez votre fournisseur d'accès (environ 30 francs). La dépense mensuelle totale sera donc de 115 francs. Si vous trouvez dans le rayon de distribution du téléréseau de Bulle desservi par les SIB, vous payerez un montant mensuel de 90 francs, toutes charges comprises. Avec l'avantage de la rapidité et d’un maintien de la connexion durant toute la durée de votre présence devant votre PC, c'est évidemment la solution la plus avantageuse.

Cela m’amène à la troisième question du jour : Pourquoi ne pas " simplement " recevoir Internet par le cable de télévision ou même par satellite ? L’exemple des Services Industriels de Bulle est unique et préfigure ce que sera l’Internet de demain. Mais n’allez pas croire que tous les téléréseaux de Suisse seront en mesure d'offrir un tel service dans les prochains mois et même les prochaines années. Un téléréseau classique diffuse des canaux radiophoniques et des chaînes télévisées en mode analogique (sous forme d’ondes sinusoïdale) ou plus récemment sous forme digitale, beaucoup plus gourmande en informations à transmettre, mais rendue possible grâce à l’utilisation de la fibre optique et de systèmes sophistiqués de compression de l’image et du son. Ces informations sont distribuées et propagées depuis le fournisseur jusque chez vous selon le principe de l’arbre : cela part du tronc et arrive à chaque petite feuille de chaque branche. Si l’on utilise les voies hertziennes ou le satellite, on simplifie la distribution en " arrosant " chaque centimètre carré du territoire. Mais tout ce déploiement technique n’est pas suffisant pour Internet, ceci pour une raison toute simple : Internet est interactif et exige une communication bidirectionnelle. Lorsque vous recevez un fichier ou tout bloc d’information digitale, sa bonne réception devra être validée en utilisant le chemin inverse. Une information déficiente sera renvoyée à nouveau. C’est grâce à ce principe que les fichiers transmis seront toujours francs d’erreurs. Lorsque vous téléchargez un logiciel, disons de 10 Mb depuis un serveur situé à Atlanta, ce sont environ 500 kB qui sont envoyés de votre ordinateur vers le serveur pour confirmer la réception de chaque bus de données. Sur un téléréseau, il faut appliquer le même principe. Votre information doit remonter à la source, en passant par votre fournisseur. C’est là tout l’enjeu et les prouesses techniques à développer dans des téléréseaux du futur.

Pierre Schwaller

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