Les semaines et jours qui ont précédé
le début des XXe Jeux Olympiques d’hiver à Turin n’ont pas montré les signes
d’un engouement populaire délirant. Aucun des «tous ménages» d’électronique de
divertissement envahissant habituellement nos boîtes aux lettres n’a utilisé
l’image des jeux pour la vente de téléviseurs, d’enregistreurs vidéo et de
portables. Il y a quelques années, on aurait incrusté l’image de nos descendeurs
sur chaque écran TV. Cette année, notre attention a été phagocytée par
l’actualité mondiale quelque tendue . Mais aussi, la passion que nous
manifestions lors des descentes de nos grands champions d’alors s’est bien
ramollie. Jeudi soir, un jour avant la cérémonie d’ouverture, les caméras de la
TSR installées dans un espace valaisan planté au centre de Turin usaient
d’habilité pour éviter de nous montrer qu’à part la présence hirsute d’un joueur
de cor des alpes, la place était totalement déserte! Tout semblait aller de
travers: Oggi, jusqu’alors si enthousiaste, devenu presque muet, des descendeurs
qui jouent leur sélection à quelques heures des jeux, un Ammann tellement
outsider qu’il touche à la nonchalance, un Lambiel qui s’écrase le genou sur la
glace…
Tout a changé vendredi, lorsque Samuel Schmid, notre ministre des sports, nous a
apporté la bonne nouvelle par la voie des ondes: La Suisse aura 9 médailles!
Ouf, on se rassure! Et voilà que Bruno Kernen et la jeune Martina Schild nous
prouvent qu’après 18 longues années de disette, des suisses peuvent descendre
(la pente) et monter (sur le podium) dans une descente olympique.
Tous ragaillardis par cette première médaille, voyons comment internet pourra
nous faire vivre l’obtention des 7 autres médailles suisses.
Rendons-nous tout naturellement sur
le site officiel des Jeux olympiques de Turin,
www.torino2006.org. Première bonne surprise, la langue officielle est le
français, avant l’anglais et l’italien. Deuxième impression favorable, les
sponsors restent très discrets. Le site est très bien structuré et intéressant à
parcourir. On y trouvera évidemment masse de statistiques, les
classements des
diverses épreuves, les athlètes, la météo des sites, la billetterie et tout ce
que doit obligatoirement contenir un site officiel. On est allé plus loin. Pour
chaque sport, et même pour les plus nébuleux, comme le skeleton et le
short track, le site nous fait découvrir sous forme d’animation flash
l’équipement, les mouvements particuliers et les diverses postions de l’athlète.
Tout aussi intéressant, les «anecdotes» et «secrets de champions». Gros point
négatif, le site ne présente aucune vidéo des Jeux !
Pour jouir de vidéos captivantes des
Jeux en haute définition (pour ceux qui ont une connexion rapide), c’est sur le
tout nouveau site portail de la TSR inauguré le 10 février,
www.tsrsport.ch, qu’il faut se rendre. Extrêmement bien réalisé, on y trouve
toutes les informations concernant les athlètes suisses, la programmation des
compétitions et tout ce qui compose l’actualité de ces Jeux Olympiques. Les
journalistes présents sur le site des compétitions tiennent quotidiennement un
blog en images, textes et vidéos, auquel les internautes, pour l’instant un peu
timides, peuvent réagir. Comparées aux offres très limitées en images vidéos que
nous présentent sur leurs sites les chaînes françaises et italiennes, la
TSR fait bien mieux. A-t-elle obtenu des privilèges en matière de droits de
diffusion des images vidéo? Même la télévision suisse alémanique ne
présente que quelques vidéos d’interviews en faible définition (80 kbit/s,
contre 450 kbits/s sur le site de la TSR). Selon ses concepteurs,
tsrsport.ch devient le portail des sports
et des athlètes de nos pays. Comme les divers organismes officiels de sports
suisses n’ont pas été en mesure de réaliser un portail suisse des sports,
l’initiative de la TSR est bienvenue et sera sûrement appréciée des internautes
et des athlètes. Preuve qu’un «petit» peut faire mieux que tous les grands! |
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