Journal La Gruyère

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Article du 8 août 2006

La Suisse sur google Earth:
acte politique nécessaire!

Les grands groupes nationaux et internationaux de communication l’ont bien compris, les images satellitaires et aériennes extrêmement précises de notre globe terrestre constituent la couche de base d’un futur réseau mondial de communication visuelle. Si pendant des siècles, on a utilisé pour se déplacer des cartes routières, des panneaux de signalisation au bord des routes, si l’on a imaginé la destination de nos vacances par le biais de prospectus et de cartes postales souvent trop flatteuses, si l’on a recherché le numéro de notre correspondant dans un bottin de téléphone, c’est d’une manière totalement différente que s’organisent les outils du futur.

Apparu comme une vraie révolution il y a juste une année, Google Earth (earth.google.com) est le leader incontesté. C’est l’outil le mieux conçu, et qui de plus,  nous surprend régulièrement par de nouvelles applications. En combinant les vues aériennes avec les cartes routières détaillées de maps.google.com, il dépasse très nettement l’offre des concurrents.

Yahoo a créé Yahoo Maps (maps.yahoo.com). Il s’agit de cartes routières, générées à l’écran en mode vectoriel, et liées aux activités touristiques, commerciales et administratives. Pas de vue aérienne réelle, et donc assez austère. Pour l’instant, Yahoo Maps se limite aux Etats-Unis et au Canada. Inauguré en grandes pompes en présence du président Chirac, Geoportail.fr couvre toute la France et ses territoires Outre-Mer en combinant cartes graphiques et photos aériennes, les deux de mauvaise qualité. Le site a déçu ses nombreux premiers visiteurs (français). Geoportail annonce la vue 3D pour l’automne. Patientons. Avec local.ch, Swisscom a été nettement plus discret. Bien que les images aériennes pêchent par leur définition trop faible, la «couche» de cartes routières est en mode vectoriel, et donc bien lisible et de bonne qualité. Pour être vraiment efficace et attractif, le site devra cependant fortement évoluer.

Vous faites partie des lecteurs qui ne connaissent pas encore Google Earth ? C’est donc le moment de partir à sa découverte. Téléchargez la nouvelle version Bêta 4 que vous trouvez à earth.google.com. Elle offre de nombreuses améliorations: une nouvelle synoptique de navigation, des menus en français, une recherche facilitée. Le tout s’organise par «couches» : la couche de base est la planète terre, comme vous la verriez depuis un avion, à la différence que dans de nombreuses régions, vous distingueriez un ballon sur un terrain de foot! En fonction de vos besoins, vous activez ensuite d’autres couches qui s’ajoutent à la couche de base (les frontières, les routes, les noms de lieux, les commerces et services, mais aussi une couche créée par les utilisateurs. C’est sur cette dernière couche que vous découvrirez les objets culturels, touristiques et commerciaux de chaque région et de chaque rue.

Pour vous tenir au courant de toutes les nouveautés liées à Google Earth, je vous conseille de placer le site googleearthblog.com dans vos favoris. Le site est plus convivial que la communauté officielle à bbs.keyhole.com. En quelques mois, Google a pu alimenter sa base de données de photographies satellitaires et aériennes (prises d’avions) de la plupart des  zones habitées du monde… sauf la Suisse ! C’était à n’y rien comprendre jusqu'au petit matin du lundi 17 juillet, où un ami en manque de sommeil  me signale qu’une partie du canton de Berne apparaît en haute définition avec une qualité époustouflante. Sur ces nouvelles zones apparaît le copyright de Photogrammetrie Perrinjaquet AG. C’est une entreprise de Gümligen (www.photo-pj.ch) spécialisée dans les mensurations à partir de photos aériennes. Téléphone avec Monsieur Perrinjaquet, qui m’explique très ouvertement la démarche suivie. Une démarche finalement très simple : La maison Perrinjaquet a fait photographier les zones concernées par des avions spécialement équipés pour cette tâche et en possède les droits d’utilisation. Le canton de Berne a contribué à couvrir une partie des frais de réalisation des vues. L’entreprise Perrinjaquet a ensuite «offert» ses vues à Google (Google ne paie pas pour les images qu’on lui fournit, mais n’exige pas non plus de redevance, le copyright restant lié au propriétaire des images). Combien tout cela a coûté? Moins que le prix d’une  Mercedes de catégorie supérieure !

Ce que je soupçonnais de puis plusieurs mois (articles précédents sur le sujet) se confirme donc. Pour que la Suisse figure, comme la plupart des autres pays du monde, en haute définition sur Google Earth – et ce serait si important pour son tourisme et son économie - , il faut une décision politique. Des interventions politiques qui, jusqu’à présent, font défaut. Regrettable.

 

Auteur:: Pierre Schwaller (Pierre.Schwaller@lyoba.ch)

Dernière mise à jour: 24.10.06


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