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Les grands groupes nationaux et
internationaux de communication l’ont bien compris, les images satellitaires
et aériennes extrêmement précises de notre globe terrestre constituent la
couche de base d’un futur réseau mondial de communication visuelle. Si
pendant des siècles, on a utilisé pour se déplacer des cartes routières, des
panneaux de signalisation au bord des routes, si l’on a imaginé la
destination de nos vacances par le biais de prospectus et de cartes postales
souvent trop flatteuses, si l’on a recherché le numéro de notre
correspondant dans un bottin de téléphone, c’est d’une manière totalement
différente que s’organisent les outils du futur.
Apparu comme une vraie révolution il y a
juste une année, Google Earth (earth.google.com)
est le leader incontesté. C’est l’outil le mieux conçu, et qui de plus,
nous surprend régulièrement par de nouvelles applications. En combinant les
vues aériennes avec les cartes routières détaillées de maps.google.com, il
dépasse très nettement l’offre des concurrents.
Yahoo a créé Yahoo
Maps (maps.yahoo.com).
Il s’agit de cartes routières, générées à l’écran en
mode vectoriel, et liées aux activités touristiques, commerciales et
administratives. Pas de vue aérienne réelle, et donc assez austère. Pour
l’instant, Yahoo Maps se limite aux Etats-Unis et au Canada. Inauguré en
grandes pompes en présence du président Chirac,
Geoportail.fr couvre toute la
France et ses territoires Outre-Mer en combinant cartes graphiques et photos
aériennes, les deux de mauvaise qualité. Le site a déçu ses nombreux
premiers visiteurs (français). Geoportail annonce la vue 3D pour l’automne.
Patientons. Avec local.ch, Swisscom
a été nettement plus discret. Bien que les images aériennes pêchent par leur
définition trop faible, la «couche» de cartes routières est en mode
vectoriel, et donc bien lisible et de bonne qualité. Pour être vraiment
efficace et attractif, le site devra cependant fortement évoluer.
Vous faites partie des lecteurs qui ne
connaissent pas encore Google Earth ? C’est donc le moment de partir à sa
découverte. Téléchargez la nouvelle version Bêta 4 que vous trouvez à
earth.google.com. Elle offre de
nombreuses améliorations: une nouvelle synoptique de navigation, des menus
en français, une recherche facilitée. Le tout s’organise par «couches» : la
couche de base est la planète terre, comme vous la verriez depuis un avion,
à la différence que dans de nombreuses régions, vous distingueriez un ballon
sur un terrain de foot! En fonction de vos besoins, vous activez ensuite
d’autres couches qui s’ajoutent à la couche de base (les frontières, les
routes, les noms de lieux, les commerces et services, mais aussi une couche
créée par les utilisateurs. C’est sur cette dernière couche que vous
découvrirez les objets culturels, touristiques et commerciaux de chaque
région et de chaque rue.
Pour vous tenir au courant de toutes les
nouveautés liées à Google Earth, je vous conseille de placer le site
googleearthblog.com
dans vos favoris. Le site est plus convivial que la communauté officielle à
bbs.keyhole.com. En quelques
mois, Google a pu alimenter sa base de données de photographies
satellitaires et aériennes (prises d’avions) de la plupart des zones
habitées du monde… sauf la Suisse ! C’était à n’y rien comprendre jusqu'au
petit matin du lundi 17 juillet, où un ami en manque de sommeil me signale
qu’une partie du canton de Berne apparaît en haute définition avec une
qualité époustouflante. Sur ces nouvelles zones apparaît le copyright de
Photogrammetrie Perrinjaquet AG. C’est une entreprise de Gümligen (www.photo-pj.ch)
spécialisée dans les mensurations à partir de photos aériennes. Téléphone
avec Monsieur Perrinjaquet, qui m’explique très ouvertement la démarche
suivie. Une démarche finalement très simple : La maison Perrinjaquet a fait
photographier les zones concernées par des avions spécialement équipés pour
cette tâche et en possède les droits d’utilisation. Le canton de Berne a
contribué à couvrir une partie des frais de réalisation des vues.
L’entreprise Perrinjaquet a ensuite «offert» ses vues à Google (Google ne
paie pas pour les images qu’on lui fournit, mais n’exige pas non plus de
redevance, le copyright restant lié au propriétaire des images). Combien
tout cela a coûté? Moins que le prix d’une Mercedes de catégorie
supérieure !
Ce que je soupçonnais de puis plusieurs
mois (articles précédents sur le sujet) se confirme donc. Pour que la Suisse
figure, comme la plupart des autres pays du monde, en haute définition sur
Google Earth – et ce serait si important pour son tourisme et son économie -
, il faut une décision politique. Des interventions politiques qui, jusqu’à
présent, font défaut. Regrettable. | |