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Il fut un temps où, pour faire connaître
ses talents musicaux au monde entier, il fallait passer par de nombreuses
sélections et envoyer ses productions aux différentes maisons de disque, le
plus souvent sans succès. On peut se demander si internet peut favoriser les
artistes en herbe possédant un vrai talent en leur offrant le tremplin de
leur vie.
On peut répondre par l’affirmative. Le
meilleur exemple récent est l’histoire prodigieuse d’un groupe parfaitement
inconnu jusqu’alors, « Artic Monkeys », qui prend soudain la première place
du hit parade américain durant la semaine du 29 octobre 2005 avec son titre
"I Bet you Look Good on the Dance Floor". Comment ont-ils réussi un tel
exploit ? Grâce à leur blog
www.arcticmonkeys.com très vite
relayé par d’autres blogs et chats divers sur le domaine musical.
Il existe des sites spécifiques qui
accueillent les artistes sans passer par les canaux traditionnels. Exemple
avec jamendo.com, qui propose un nouveau modèle pour promouvoir, diffuser et
rémunérer les artistes pour leur musique. Les artistes présents sur ce site
ont librement choisi de diffuser leur musique en respectant une licence de
diffusion qui leur permet de conserver leurs droits d'auteurs sur leurs oeuvres tout en autorisant le public à les écouter, les télécharger, les
copier et les redistribuer. Ces nouvelles règles du jeu permettent à jamendo
d'utiliser les réseaux Peer-To-Peer BitTorrent ou eMule, sur lesquels sont
diffusés massivement et légalement tous les albums présents sur jamendo. Les
albums sont classés démocratiquement suivant les critiques des visiteurs,
qui peuvent par la suite faire une donation aux artistes qu'ils apprécient
particulièrement.
http://musique-libre.org, le site de
la musique libre, est un autre exemple de partage musical. On y décèle même
une nouvelle philosophie proche de celle de l’open source appliquée dans le
domaine des logiciels informatiques.
Une approche différente a été inventée par last.fm. C’est à la fois une
webradio et site internet proposant un
système de recommandation de musique. Afin de pouvoir être utilisé, il est
nécessaire d'installer un
plugin
qui retransmet à Last.fm la liste des chansons que l'utilisateur a écouté
avec son
lecteur multimédia ou son
baladeur numérique. Ceci permet alors au
système de fournir une analyse détaillée de la musique de chaque
utilisateur, montrant par exemple son artiste ou sa chanson favorite dans
une page personnalisable. Le système génère des recommandations musicales
pour chaque utilisateur et propose également d'écouter des artistes qu'il
seraient susceptible d'aimer, grâce à un système d'intelligence
collective. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Last.fm).
C’est ainsi que de nouveaux artistes peuvent alors surgir de l’ombre.
Une autre ruse pour de vrais talents
potentiels est de placer leur clip vidéo et leur bio sur le site
myspace.com. Un site fabuleusement bien pensé et très professionnel, qui
offre un vrai tremplin aux musiciens et autres talents ignorés.
Mais c’est dans
youtube.com que vous
allez vivre les moments musicaux les plus inattendus et les plus délirants.
A titre d’exemple: il y a moins de quatre mois, un jeune adolescent
(probablement un asiatique, mais il cache son visage avec une casquette)
utilise un accompagnement sonore du célèbre «Canon» de Johann Pachelbel pour
démontrer avec sa guitare électrique une virtuosité à démoraliser des Garry
Moore, Santana et autres guitaristes de réputation mondiale. Ce jeune petit
gars, écouté par plus d’un million de visiteurs, a créé des émules. En
quelques semaines, plusieurs dizaines d’autres talents jouent le même
morceau, parfois avec génie, et souvent de façon très amateur. Pour
découvrir ce phénomène sur youtube.com, tapez simplement «guitar canon»
dans la recherche. Et ce type de génie artistique surgit maintenant avec
d’autres instruments. Quel délire! Pour un plaisir total, découvrez sur le
site les scopitones (les clips vidéo de l’époque) des années
soixante. Adamo, Johnny, Sylvie Vartan, Dutronc, Claude François et tous les
chanteurs qui ont fait la gloire de «Salut les copains» sont là, parmi les
milliers de vidéos de chanteurs anglais et américains depuis les années
cinquante. Ces vidéos qui violent les copyrights sont parfaitement
illicites, mais les émotions qu’elles nous procurent appartiennent bien au
domaine public ! | |