Journal La Gruyère

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Article du 27 février 2007

Arnaques pour naïfs

Le monde dans lequel nous vivons requiert une vigilance accrue. Il ne faut par contre pas croire que les arnaques appartiennent exclusivement au monde de l'internet. Autour de nous, des individus extorquaient des personnes naïves et trop crédules. Il suffit de lire nos journaux pour s'en convaincre: un fiduciaire détourne 8 millions, un agent d'assurances floue ses clients, un autre malin vend à prix d'or un jus de perlimpinpin  censé dessouler une personne ivre en quelques minutes. Et, comble de l’imbécilité, le directeur d'une cave valaisanne qui perd 2,5 millions de francs pour se libérer d'un contrat d'annonces publicitaires de moins de trois mille francs!  Les exemples pullulent.

Pour les arnaqueurs, internet est un vrai paradis. Les possibilités de gruger son monde sont très diverses. L'escroc a un avantage immense, celui de pouvoir contacter des centaines de milliers de personnes facilement, en spéculant que les plus naïfs tomberont dans leur piège. Passons en revue les arnaques actuellement les plus classiques sur le web. Certaines vous feront rire, et pourtant, nombreux sont les pigeons!

Commençons par la bonne vieille arnaque à l'africaine. Une personne se trouvant dans une situation politique ou économique troublée se dit porteuse d'une somme d'argent importante, en principe de plusieurs millions. C'est un Africain, une Africaine, une veuve (évidemment éplorée), un orphelin, un héritier. Cette personne vous contacte par e-mail et requiert votre aide pour un transfert de fonds à faire sur votre compte bancaire. En signe de reconnaissance, elle vous promet une marge intéressante qui dépasse en principe le million de francs. Vous acceptez la transaction entrez alors dans la spirale des dépenses et «avances de frais». À la fin du compte, on y perd gros.

L'arnaque à la voiture (ou à tout objet que vous vendez par une petite annonce). Vous désirez vendre votre voiture d'occasion à, disons dix mille francs. Le prétendu acheteur, qui répond généralement à votre annonce dans un drôle d'anglais, prétend vouloir acheter votre voiture et vous envoie un chèque par DHL de quinze mille francs. Il vous signale alors son erreur et vous prie de lui renvoyer quatre mille francs, la différence étant pour votre peine. Vous vous rendez à votre banque qui crédite votre compte de la valeur du chèque (quinze mille francs). Le même jour, vous faites parvenir les quatre mille francs à votre «acheteur» par Western Union. Le hic? C'est que dans deux à trois semaines, votre banque vous signale que le chèque n'est pas approvisionné et débite votre compte de quinze mille francs. Moralité : votre voiture n'est pas vendue et vous avez perdu quatre mille francs.

Le singe du Bénin. En plaçant son annonce sur un site de petites annonces,  l’arnaqueur vous propose d'acheter des singes, des perroquets et autres bêtes exotiques du Bénin. Vous payez à l'avance et ne verrez évidemment jamais arriver l'animal. Même truc par rapport à des animaux (serpents, perroquets, chiens et chats) provenant d’autres pays, et même de France. Tout est fictif, sauf évidemment le pigeon!

Les arnaques chez Ricardo.ch. Elle a sévi durant le mois de janvier et a gravement décrédibilisé ce site d'enchères suisse. Un vendeur d'ordinateurs Macintosh proche de la faillite a l'idée de mettre en vente des iMac et des iBook à des prix défiant toute concurrence. Les premiers acheteurs affluent et reçoivent leur matériel. Sur chaque vente, le vendeur perd une certaine somme, puisqu'il vend meilleur marché que son prix d'achat. Ces premiers acquéreurs contribuent ainsi à attribuer une bonne cote de confiance par rapport au vendeur, ce qui rassure les nouveaux acheteurs. Ces derniers sont piégés, puisqu'ils ne verront jamais leur Mac.

Pourquoi tant de monde se laisse-t-il piéger? Toujours pour les mêmes motifs: la cupidité, l'attrait de l'argent qu'on n'a pas mérité est une bonne dose de naïveté. Achète-t-on vraiment un singe, un perroquet ou un chien par correspondance, sans même l'avoir vu ? Si l'on vend un objet, est-il logique de débourser de l'argent, alors que ce devrait être le contraire? Pourquoi vous donnerait-on des millions comme ça? Et dans tous les cas, il est impératif d'avoir les coordonnées fiables et vérifiées de son correspondant. Un minimum de bon sens n’est pas superflu.

 

Auteur: Pierre Schwaller (Pierre.Schwaller@lyoba.ch)

Dernière mise à jour: 06.03.07


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