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Emoi dans le domaine de l’informatique et des producteurs
d’appareils électroniques. Sur son site (www.greenpeace.org/france/),
l’ONG Greenpeace publie pour la troisième fois son classement trimestriel
intitulé «Guide pour une high-tech responsable». L’association classe les
quatorze principaux fabricants de PC et de téléphones mobiles en fonction de
leurs politiques et de leurs pratiques («le dire, c’est bien, mais le faire
c’est mieux ! ») en matière de choix de substances chimiques et de recyclage
des produits obsolètes. Dans ce classement, Apple arrive bon dernier de
classe, alors que le fabricant chinois de PC Lenovo (www.lenovo.com),
arrive en tête et apparaît comme le plus consciencieux en matière de
recyclage.
Greenpeace va encore plus loin pour attirer l’attention des
internautes sur les déficiences écologiques d’Apple, la firme à la pomme.
Elle a construit un site (www.greenpeace.org/apple)
dont le graphisme ressemble comme deux goutes d’eau à celui d’Apple, qu’elle
utilise pour dénoncer Apple et faire sa propagande sous le slogan « Help us
make Apple green » (aidez-nous à rendre la pomme verte »). Fortement ébranlé
par cette attaque de front, Steve Jobs, le patron d’Apple réagit après
quelques semaines sur son site à l’adresse (www.apple.com/hotnews/agreenerapple)
sous le titre « A Greener Apple » (une pomme plus verte). Dans son article,
Steve Jobs conteste bien sûr le bonnet d’âne qu’on lui attribue, mais révèle
aussi ses plans pour le futur, qui vont dans le sens d’une réduction des
substances toxiques qu’on trouve dans ses machines, telles que le plomb, le
cadmium, l’arsenic, le mercure et quatre autres molécules toxiques. Il
promet aussi d’atteindre un taux de recyclage de 20% de ses ordinateurs en
2008. Dans sa conclusion, il déclare enfin : (traduction, ndlr)
« Aujourd’hui, c’est la première fois que nous discutons ouvertement nos
buts de devenir une pomme plus verte ».
L’attaque de Greenpeace est certes contestable sur divers aspects, mais elle
prouve l’extrême sensibilité des producteurs (et donc des utilisateurs) face
à leurs responsabilités écologiques.
Cette polémique a aussi eu le mérite de sortir de l’ombre
certaines réalités qui touchent le gaspillage d’énergie dans l’informatique.
De toutes parts, on cherche les moyens adéquats pour économiser l’énergie
des ordinateurs. La première mesure est évidemment de troquer l’écran
cathodique (CRT) contre un écran plat (LCD) beaucoup moins gourmand en
consommation électrique. Les producteurs de PC annoncent aussi leurs propres
mesures. Dans son site bardé de vert (www.hp.com/hpinfo/globalcitizenship/environment/productdesign/energyefficiency.html),
Hewlett Packard détaille sa stratégie future, qui repose sur un effort
fondamental, l’efficacité énergétique. HP prévoit ainsi des économies
d’énergie pour les utilisateurs de ses machines de près de 30% à partir de
2010. Presqu’au même moment, IBM surnommé « Big Blue » révèle sa propre
stratégie basée sur l’efficacité énergétique pour devenir « plus vert ».
Chez les producteurs de programmes et de systèmes
d’exploitation, l’appel au vert est aussi présent. Montrant l’exemple, David
Radcliffe, VP de l'immobilier chez Google déclare : «Nous voulons détruire
le mythe qui suggère qu'il est impossible de lier l'environnement et le
profit». Google planifie ainsi d’installer des panneaux solaires sur les
toits de ses bureaux et par-dessus les aires de stationnement pour produire
1,6 méga-watts d'électricité (ce qui correspond à la consommation de 1'000
maisons). Google aura alors la plus puissante installation corporative
d’énergie solaire en Amérique du Nord, qui permettra en outre d’économiser
1,6 millions de kilos de CO2 par année. Microsoft et Sharp les avaient
précédés en installant des milliers de panneaux solaires sur leurs
bâtiments.
Dans le domaine de l’informatique aussi, l’efficacité
énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables sont devenues des
priorités incontournables. En quelques mois (le film d’Al Gore y a
certainement contribué *), un déclic mondial s’est produit. Une prise de
conscience qui peut changer le monde. | |