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UNE VOITURE QUI FAIT
DU BRUIT. Depuis le 18 août, la Suisse
est intégrée au vaste réseau mondial de Street View. Faut-il applaudir à
«cadeau» de Google ou faut-il s’insurger contre l’intrusion de cette nouvelle
technologie en Suisse ?
DE QUOI PARLE-T’ON ? Google Street
View est un service lancé en mai 2007 par Google et intégré aux applications
Google Maps et Google Earth. Il permet de naviguer virtuellement dans les
villes et sur les routes grâce à des photos prises à 360° sur le parcours suivi
par les «Google cars». Ce sont des voitures équipées d’un système de navigation
très précis et surmontées d’un système sophistiqué de prises de photos qu’un
logiciel assemble à l’instar d’une vue panoramique continue. Cela permet
d’observer dans tous les détails ce qui se passe autour de la voiture au moment
de la prise de vues et même jusqu’au sommet du plus haut des gratte-ciels
new-yorkais. Afin d’éviter une violation de la sphère privée, un floutage,
certes à améliorer, est effectué par un logiciel de reconnaissance de visages et
de plaques minéralogiques.
LA SUISSE DEPUIS LE 18 AOÛT.
Cela a débuté avec les rues de quelques grandes villes américaines. Puis le
système s’est étendu à la plupart des villes américaines ainsi qu’à d’autres
pays (France, Espagne, Italie, Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Portugal et
Taïwan). Et depuis le 18 août, de nombreuses villes suisses sont apparues. Entre
autres Berne, Zürich, Bâle, Lausanne, Genève, Fribourg, Neuchâtel, La
Chaux-de-Fonds, Bienne, Winterthur, Lucerne, Thun, Vevey, Montreux … et la
Gruyère.
LA GRUYÈRE DE PART EN PART. Une belle
après-midi d’été bien ensoleillé, une «Google car» est arrivée de Château d’Oex
et a traversé la Gruyère en photographiant non seulement les villages et la
Ville de Bulle, mais chaque centimètre du trajet. A 15h35, elle traversait Enney,
puis la Tour-de-Trême à 16h07 (les clochers d’église font foi). Elle remonte la
Rue de Gruyère pour bifurquer à gauche au giratoire de l’Union, puis s’engager
à 16h10 en direction de la rue de Vevey pour poursuivre sa route vers Vuadens,
Vaulruz, Semsales, Châtel-St-Denis jusqu’à Vevey. Un deuxième trajet a été
photographié sur la nouvelle route de la Pâla, un troisième sur le trajet
complet de l’autoroute A12. Manque encore le trajet de la Grand-Rue jusqu’à Riaz.
IL Y A DES HEUREUX... Sur le trajet
gruérien et veveysan, les centaines de commerces, d’hôtels, de restaurants (on
peut même découvrir leurs menus d’été sur leurs ardoises !) sont maintenant
visuellement accessibles au monde entier. Petit sondage téléphonique au hasard
du parcours : le patron de la vinothèque de Morand Vins, la propriétaire de la
boutique Hérisson qui fait sa pause cigarette devant
sa porte, Madame de la Vaisselière, le
Directeur de Gruyère Tourisme, le Directeur
d’Espace Gruyère, les deux frères de Dally Bureau, aucun d’eux ne voit
d’inconvénient à cette nouvelle visibilité, bien au contraire.
…ET LES AUTRES. Il faut bien admettre
que le floutage est loin d’être parfait. Ce n’est ni le couple déambulant la rue
de Vevey, ni le propriétaire d’une voiture parquée près de la voie de chemin de
fer, qui nous contrediront. De plus, pour nous gruériens (je suis un Schwaller
qui se revendique de pure souche gruérienne !), le masquage d’un visage ne nous
empêche pas d’identifier sans problème les personnes dans la rue.
INTERDIRE, LA BONNE SOLUTION ? Hans
Peter Thür, le préposé à la protection des données, requiert des mesures
provisionnelles pour suspendre immédiatement ce service Google en Suisse. Sachez
cependant que si vous estimez que votre sphère privée a été violée dans une
photographie, Google a mis en place un système en ligne pour recevoir votre
doléance et vous «effacer».
La tempête va sûrement
s'apaiser, le temps qu'il faudra que l'on constate que pour notre économie et
notre tourisme, "Google Street View" représente un atout intéressant dans les
nouveaux moyens de télécommunication.
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