Journal La Gruyère

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Article du 22 octobre 2009

L'informatique, fléau pour l'environnement

INTERNET. Ordinateurs et téléphones portables font partie de notre vie quotidienne. L’écobilan de ces engins révèle une situation catastrophique au niveau de leur consommation et des déchets qu’ils engendrent. Des solutions en vue.

NOS VORACES PC. Selon les estimations de chercheurs de l'université des Nations Unies (UNU), un ordinateur de table associé à un écran de 17 pouces pèse en moyenne 24 kilos et sa construction a consommé 1,8 t de matériaux. Cela représente 240 kilos d'énergies fossiles, 22 kilos de produits chimiques et 1500 litres d'eau (www.futura-sciences.com). Durant leur utilisation, ces ordinateurs consomment non seulement de l'électricité, mais produisent également du CO2 et des gaz à effet de serre, du fait qu'une grande partie de l'électricité mondiale est produite à partir de matières premières fossiles. Selon une étude commandée par le gouvernement français, les technologies de l'information et de la communication brûlent actuellement en France 13 % de l'énergie totale consommée dans le pays. Et ce chiffre est en progression rapide.

GOOGLE TRES GOURMAND. Gerhard Fettweiss, universitaire de Dresde en Allemagne, précise même que selon son calcul et si la tendance ne s'inverse pas, internet consommera dans moins de 25 ans autant d'énergie que toute l'humanité actuellement. Et ce scientifique n'est pas le seul à tirer la sonnette d'alarme. Selon leurs calculs, une simple recherche sur le site de Google consomme autant d'énergie qu'une ampoule électrique durant une heure. Cela s'explique par le fonctionnement continu d'une multitude de serveurs regroupés en centres de données géants qui gèrent les informations stockées pour répondre à nos requêtes. Selon une étude commandée par le fabricant de composants AMD, les plus grandes firmes informatiques du monde utilisent chaque année l'énergie produite par 14 centrales électriques.

UNE DIRECTIVE EUROPEENNE. On estime qu'actuellement, les ordinateurs et téléphones portables ont une durée de vie moyenne de deux ans. Des quantités gigantesques de déchets sont donc produits au niveau planétaire. C'est pour mieux gérer ces déchets et leur traitement qu'une directive européenne a été signée le 13 février 2003. Elle fonctionne selon le mode du « pollueur -payeur. Elle ne concerne pas seulement le matériel informatique, mais tous les appareils électriques et électroniques ainsi que les pièces détachées et les consommables.

GÉRER SA CONSOMMATION. Économiser l'énergie coûte nettement moins cher que de la produire. C'est dans ce sens que de nouveaux outils viennent d'apparaître pour permettre de contrôler de manière précise la consommation électrique générée aussi bien au niveau des entreprises que dans un ménage privé.

Cette nouvelle technologie, qui vient de débarquer en Suisse, se dénomme «smart metering» (en français : compteurs intelligents). De petits boîtiers, enfichés dans les prises électriques à courant faible, identifient de manière très détaillée et en temps réel la consommation énergétique des différents appareils électriques et électroniques d'un foyer, d'un bâtiment ou d'une entreprise. Ils la transmettent par onde radio à un récepteur électronique (par exemple une clef USB réceptrice). Ce récepteur envoie alors ces données dans un programme informatique qui peut même être relié à un site internet sécurisé. Cela permet à tout un chacun de découvrir quels sont les utilisateurs électriques les plus gourmands de son habitation.

Une première en Suisse, le groupe «Action Energies» (groupeactionenergies.com) présente cette nouvelle technologie, financièrement accessible à tout public, dans le cadre de la première édition de GREENTECH, salon professionnel des déchets, des ressources et des technologies de l'environnement, qui se déroule cette semaine jusqu'à samedi à Forum Fribourg (www.greentech-expo.ch).

Pouvoir contrôler de façon précise la consommation électrique de chaque appareil est primordial pour porter les efforts d’économie sur les consommateurs les plus voraces. On chasse souvent la souris, alors que l’éléphant est droit devant nous !

Auteur:: Pierre Schwaller (Pierre.Schwaller@lyoba.ch))

Dernière mise à jour: 05.12.09


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