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JURIDIQUE.
On savait que les voitures de Google sillonnent nos routes et nos villes pour
Google Street View. On apprend désormais qu’elles collectent également les noms
des réseaux WIFI qu’elles captent à leur passage.

les véhicules de Google ne se
contentent pas de photographier les rues. Au passage, ils récoltent les WIFI
privés grâce à un scanner.
Le
mini-scandale a débuté la semaine passé chez nos voisins allemands. Peter Schaar,
Commissaire principal du gouvernement allemand pour la protection des données,
s’est dit très choqué d’apprendre que les voitures de Google, qui sillonnent les
routes allemandes pour les photographier et les placer sur Google Street View,
collectent également, grâce à un scanner embarqué, les données sur
l’emplacement, les noms et adresses MAC des réseaux WIFI qu’elles détectent à
leur passage. Le préposé se fâche tout rouge contre la firme américaine et lui
demande des comptes. Il considère que ces données sont privées et qu’elles
doivent être effacées de la base de données de Google. Par le biais du journal
allemand Der Spiegel, Google argumente en expliquant qu’il n’a jamais caché
qu’il enregistrait ce type de données et qu’une cartographie des réseaux sans
fil (WIFI) avait déjà été effectuée par d’autres organismes, sans provoquer
d’émoi.
En Suisse, c’est lors de l’émission «10 Vor 10» de la télévision
suisse alémanique de ce lundi (26 avril, ndlr) que l’affaire éclate. Hanspeter
Thür, préposé fédéral à la protection des données, s’insurge également contre ce
procédé. Il écrit à Google pour savoir quelles données sont collectées et dans
quel but. Un ultimatum est fixé à la fin de ce mois (avril 2010, ndlr). L’œil,
et maintenant les grandes oreilles de Google Street View, ne sont pas perçues de
manière positive pour les gouvernements européens. Une inquiétude
compréhensible, d’autant qu’elle provient d’autorités clairement dépassées par
les mutations rapides qui s’opèrent depuis quelques années dans le domaine de la
communication numérique.
QUE VEUT
GOOGLE? De fait, l’établissement d’une cartographie précise des réseaux WIFI
privés et publics existants s’avère d’une grande importance dans de très
nombreuses applications présentes, mais surtout futures, qui ont pour but de
localiser le plus précisément possible l’emplacement géographique d’appareils
mobiles tels que les smartphones. On connaît déjà l’application Latitude de
Google (http://latitude.google.com) qui
permet de savoir où se trouvent vos amis, mais aussi si votre enfant se trouve
bien sur le chemin de l’école, ou de positionner précisément l’emplacement de
chaque représentant de commerce ou des chauffeurs d’une grande entreprise. Dans
tous ces cas, l’utilisation de WIFI publics et privés rendent la
géo-localisation beaucoup plus précise que par la télémétrie traditionnelle des
antennes de téléphonie mobile. Insistons clairement sur un point : pour être
« géo-positionné » par Latitude de Google, il faut s’inscrire de manière
délibérée. Il s’agit d’un acte délibéré.
Ne soyons pas
naïfs, Google garde, légitiment d’ailleurs, d’autres perspectives. L’existence
d’une toile d’araignée WIFI mondiale et libre d’accès va s’avérer rapidement
indispensable. D’une part parce que l’internet au bureau se déplace dans la rue
avec nos smartphones, et d’autre part parce que les réseaux téléphoniques
mobiles, qui jouent le rôle de WIFI, atteindront très rapidement une saturation.
Vous possédez un réseau WIFI ? Pas de panique. Si vous ne désirez pas qu’un
tiers puisse l’utiliser, il vous suffit de mettre un mot de passe. | |