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Article du 9 juin 2011

Millions de comptes piratés: à qui le tour?             

INFORMATIQUE. Le piratage historique du géant Sony, prouve qu’un petit groupe de hackers surpasse les compétences des professionnels de la sécurité informatique auxquels nous confions nos données sensibles. Une porte ouverte à l’ «iTerrorisme».


Sur leur site, les hackers auteurs du piratage se moquent de Sony et de ses dirigeants.  

Sony, le géant japonais de l’électronique, passe depuis le début avril l’un des plus mauvais moments de son existence. Les jeunes - et les moins jeunes - le savent, Sony, c’est aussi les consoles de jeux et son produit phare la PS3. En accédant avec leur console au PlayStation Network (abrégé PSN), des centaines de millions de fidèles de la manette s’interconnectent pour jouer ensemble, faire des mises à jour et acquérir de nouveaux jeux.

Piraté et humilié
Le 7 avril, un collectif de hackers du nom d’«Anonymous» lance une première série d’attaques qui paralysent le PSN durant une demi-heure. Auparavant, PayPal, Amazon, EC2, Visa et Bank Of America avaient subi les assauts de ce même groupe.  Le 17 avril, le PlayStation Network est piraté. Les dégâts représentent un record dans l’histoire du piratage informatique: les hackers accèdent à près de 100 millions de comptes d’utilisateurs (nom, adresse physique et électronique, identifiants de connexion). Le 2 mai, Sony reconnaît que plus de 12’000 numéros de cartes de crédits ont été volés. Suite à cette attaque, Sony décide de bloquer son PSN. Violente frustration pour les joueurs ne pouvant plus accéder à la base de données de Sony pendant plus d’un mois!  Fin mai, Sony tente de retrouver la confiance de ses utilisateurs en offrant plein de jeux à télécharger gratuitement, de bonus et de  petits susucres. Mais Sony n’a pas le temps de respirer. Le 19 mai, des jetons virtuels d’une valeur de 1’200 dollars pièce sont volés à So-net (www.sonet.com), une filiale de Sony. Le 23 mai, c’est le tour de Sony Music (www.Sonymusic.co.jp) de se voir dérober les comptes de ses utilisateurs. Le 24 mai, 2’000 dossiers sont subtilisés sur le site eShop canadien de Sony Ericsson. Le 2 juin, la base de données de Sonypictures.com est piratée; le 6 juin, celle de Sony BMG. Ces dernières attaques ont été commises par le collectif de hackers Lulz. Les pirates sont si transparents qu’ils communiquent de jour en jour sur leur site http://lulzsecurity.com/releases/ la liste exhaustive des sites attaqués, comment ils ont procédé, et laissent même parfois parcourir les données volées parfois très sensibles (listes des abonnés, leur mot de passe et références bancaires, organigrammes confidentiels des structures de sécurité, etc.).

iTerrorisme
Le piratage historique de Sony, considéré comme  un jeu d’enfant par certains collectifs, est la preuve qu’un groupe de hackers est plus fort que les meilleurs experts en sécurité informatique. Nous confions de plus en plus de données sensibles à des serveurs externes (iTunes, iCloud, Google, les sites d’icommerce, e-banking, films à la demande, cloud computing, etc.). La tendance va se poursuivre. D’autre part, nous savons maintenant  que certains serveurs sensibles sont de véritables passoires. Les portes à l’« iTerrorisme» sont ouvertes.

Comment limiter les risques
L’informatisation de nos données personnelles fait maintenant partie intégrante de notre vie. Et même si vous n’avez jamais touché un ordinateur, vos données, parfois sensibles, se trouvent sur les serveurs de vos banques, de vos assurances, des administrations, de vos fournisseurs de radio / TV/ téléphone, et même de Migros, Coop et autres prestataires de cartes de fidélité.

Une protection 100% est illusoire. Les mesures minimales suivantes restent impératives: inventer un mot de passe différent pour chaque compte utilisateur, limiter le débit possible de votre carte de crédit et vérifier, dès réception  du relevé,  le détail des transactions effectuées. 

 

Auteur:: Pierre Schwaller (Pierre.Schwaller@lyoba.ch))

Dernière mise à jour: 09.06.11

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