|
INTERNET. A l’instar de certains opérateurs des Etats-Unis et du Royaume Uni, la
France pourrait aussi restreindre les volumes de données transmises par
l’internet fixe pour éviter la surcharge. Tendance irrémédiable?
. 
La consommation
croissante de données pose aux opérateurs des problèmes de surcharge.
Vent de panique depuis le week-end passé
chez les internautes français un peu trop gourmands en téléchargements. La
semaine passée, le site www.owni.fr découvre
incidemment un document confidentiel issu de la
Fédération française des Télécoms (FFT),
qui regroupe entre autres Orange, SFR et Bouygues. Dans ce document de travail,
il apparaît clairement que ces opérateurs désirent abandonner les forfaits
illimités et prévoient de fixer des plafonds de consommation. Certains
opérateurs des États-Unis et du Royaume-Uni sont passés à l'acte. Ces forfaits,
nous les connaissons aussi en Suisse, mais seulement dans le domaine de la
téléphonie mobile.
La popularisation des smartphones et le
déplacement de l'internet fixe à l'internet mobile ont abouti à un risque de
saturation des réseaux hertziens, les infrastructures actuelles ne suffisant
bientôt plus à répondre à la demande croissant à un rythme quasiment
logarithmique. Ce phénomène est mondial. En revanche, pour l'internet fixe, et
depuis qu'on reste connecté 24 heures sur 24, nous nous sommes habitués à
disposer d’une liberté totale, sans nous soucier des volumes de téléchargement.
En France, la FFT se justifie en invoquant
la question de surcharge. Si elle est adoptée par l'ensemble des opérateurs,
cette mesure ne devrait cependant pas, selon la FFT, pénaliser l'internaute
raisonnable. Selon leurs statistiques, entre 5 et 10 % des internautes sont
décrits comme des «net-goinfres», ceux-ci utilisant près de 80 % de la bande
passante. Comment être si vorace? En passant son temps à télécharger des films,
à écouter des radios et voir des films en streaming sur Youtube, Dailymotion et
les autres sites communautaires de contenus multimédias.
Dans l'utilisation d’internet, certains ont
pris de mauvaises habitudes. Alors qu’ils ont appris à fermer le robinet d'eau
pendant qu’ils se brossent les dents, ils laisseront sans scrupule tourner une
chaîne de télévision durant toute la journée sur leur PC, sans même la regarder.
C’est en fait assez logique si l’on ne connaît pas le principe d’internet.
Depuis le début du XXe siècle, on s’est habitué à recevoir des signaux radio et
TV par voie hertzienne terrestre, puis satellitaire. Avec cette technologie,
chaque mètre carré de terrain de notre planète reçoit «gratuitement» et sans
dépense énergétique (à part le fonctionnement de l'émetteur) des millions
d'ondes qu'il suffit de capter. Depuis l'arrivée d'internet, la situation est
radicalement différente. C'est l’utilisateur qui demande de lui fournir
personnellement un contenu bien défini. La tendance actuelle est de transmettre
des fichiers, des streaming, vidéos et contenus multimédia en haute définition
toujours plus lourds. Et transmettre des paquets de terabytes d'un endroit à
l'autre de la planète n'est pas forcément gratuit. L’infrastructure gigantesque
mise en place a son prix.
Pour l’instant en Suisse, le sujet n’a pas
été officiellement évoqué par les grands acteurs de l’internet. Pour Christian
Neuhaus, porte-parole de Swisscom, contacté à ce sujet, ce thème n’est pas à
l’ordre du jour. Soulignons les investissements colossaux consentis par Swisscom,
les câblo-opérateurs et les communes pour assurer à l’avenir les flux de données
vers le consommateur. Tout cela a un prix, le payons-nous vraiment?
| |