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FORMATION. Swisscom met sur pied un cours consacré aux nouveaux médias qu’il
désire largement dispenser aux élèves de toute la Suisse. Une démarche qui
surprend le Département de l’Instruction Publique du Canton de Fribourg, pas au
courant. Rôle de l’Etat ou du privé? Et qu’en est-il de l’impartialité?

L’utilisation
des nouvelles technologies par les jeunes doit s’accompagner de prévention.
Par un communiqué de presse diffusé mardi,
Swisscom annonce le lancement dans toute la Suisse de cours consacrés aux médias
pour les élèves du secondaire. Les enseignants peuvent choisir entre quatre
modules proposés: «Fascination pour les nouveaux médias», « Droits sur
internet», « Réseaux sociaux» et «Surfer en toute sécurité». Ces cours, animés
par un enseignant et un expert de Swisscom, ont déjà débuté dans sept communes
(swisscom.ch/coursjeunesetmedia). La demande est très forte, plus de deux cents
enseignants ayant déjà inscrit leur classe. L’objectif annoncé est qu’un élève
du secondaire sur trois ait suivi un cours sur les médias organisé par Swisscom
durant ces prochaines années.
En complément, un site et un nouveau guide de 19 pages, intitulé
«Enter», sont disponibles sur
swisscom.ch/enter. Le contenu s’adresse aussi bien aux parents qu’à leurs
enfants, avec plein de conseils et d’explications pratiques. Selon Swisscom,
«aujourd’hui, 95% des jeunes ont accès à Internet et l’utilisent de façon
assidue. En semaine, ils surfent en moyenne deux heures par jour sur Internet,
et même trois lorsqu’il n’ont pas école.»
Contacté au sujet de ce communiqué, Patrice
Borcard, conseiller scientifique à la direction de l’Instruction Publique du
Canton de Fribourg, exprime sa surprise et s’étonne de la «manière légère» de
Swisscom de lancer une telle initiative avant même de contacter l’Instruction
publique. L’Etat de Fribourg n’est en effet pas inactif en matière de formation
et de prévention en rapport avec les nouveaux médias. Le Centre fri-tic (fritic.ch)
se présente comme « le centre de compétences responsable de tous les aspects en
lien avec les médias et technologies de l'information et de la communication
(TIC) dans le domaine de l'enseignement du canton de Fribourg ». Il fournit aux
enseignants et aux élèves de nombreux outils pédagogiques sur ces thèmes. Pour
Patrice Borcard, il est hors de question de mettre à disposition de Swisscom un
enseignant, des élèves, une classe, dans un établissement scolaire du canton.
Selon lui, Swisscom, qui cherche à attirer les jeunes par ses offres spéciales
combinées qui leur sont destinées, ne peut pas être considéré comme un
partenaire de formation neutre et impartial.
Egalement contacté à ce sujet, Michael In
Albon, Délégué Swisscom à la protection de la jeunesse dans les médias et
responsable de ces nouveaux cours, réfute l’argument de la partialité et
précise : «S’il s’agissait de publicité, nous n’aurions pas élaboré un tel
cours. En tant que partenaire depuis 2002 d’Educa.ch, jamais on a pu nous
reprocher d’utiliser cette plateforme dans des buts promotionnels. Nous
jouissons d’une bonne réputation auprès des écoles.» Il précise qu’après s’être
présenté en tant que responsable Swisscom, les enseignants ne montrent qu’une
seule fois, en petit et bas de page, le logo de Swisscom aux élèves. Pour lui,
par ces cours, Swisscom assume sa responsabilité sociale qui fait partie de sa
stratégie Corporate Responsability.
Internet, les téléphones portables, les
smartphones, les PC et les tablettes sont des outils utilisés pour le travail et
les loisirs. Ils apportent aux jeunes en formation une richesse d’informations
culturelles, sociales, géographiques, et j’en passe. Il suffit d’évoquer
Wikipédia et tous les outils de Google, comme Google Earth. Mais, comme tout
outil perfectionné, internet et les nouveaux environnements qu’il a engendrés
exigent une formation sérieuse, soutenue et constamment actualisée. Et c’est
bien dans le cadre de l’école qu’on atteint le mieux l’attention et la réflexion
des élèves. Mais à qui revient ce rôle? A l’Etat ou au privé? Aux deux?
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