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START UP. Débuter dans un garage et aboutir à une vraie success story,
c’est le rêve de nombreuses start up suisses romandes. Celles qui
réussissent sont rares. Qoqa.ch en est une.

Dans le milieu
difficile de la vente en ligne, Pascal Meyer a réussi son pari.
Qoqa.ch, vous
connaissez? Non? Vous ne faites alors pas partie des 140’000 membres inscrits
qui reçoivent quotidiennement une newsletter de la part de ce site. Et comme ces
membres proviennent majoritairement de Suisse romande, on peut vraiment parler
d’une success story inédite dans le domaine de la vente en ligne, avec
des racines bien romandes.
Lorsque qu’on
parle de vente en ligne, on pense immédiatement à Amazon, Ricardo et aux
centaines de sites qui rivalisent en proposant un choix d’articles le plus large
possible.
Qoqa.ch fait
tout le contraire. Son slogan: «1 jour, 1 produit, 1 prix». Le site
propose donc un seul article par jour. Le prix est, comme on peut s’y attendre,
le plus bas du marché. Impossible de commander l’article de la veille. Et en
fonction de la demande, si l’on se lève un peu tard, c’est déjà trop tard. On
l’aura compris, Qoqa.ch joue sur la surprise, le prix et le coup de cœur.
Les débuts dans un garage
Derrière Mister Qoqa, on trouve Pascal Meyer, un jurassien de seulement 32 ans,
qui a accepté de partager avec nous ses expériences et quelques petits secrets.
En 2005, Pascal Meyer avait à peine 26 ans lorsque, sur un pari, il décide de
lancer son site. Dans son entourage, personne ne pensait son idée réalisable:
vendre un seul produit par jour, dans un site épuré à l’extrême et sans support
publicitaire. Une piste lui est fournie lorsqu’il découvre le site américain
woot.com. Le principe inédit lui plaît. Il prend contact avec ses concepteurs,
pas intéressés à une collaboration en Europe. A l’exemple de Bill Gates et de
Steve Jobs, c’est dans un garage que Mister Qoqa démarre alors seul les
premières années de son aventure. Trouver pour chaque jour un fournisseur
disposé à casser les prix pour une promotion destinée à un site totalement
inconnu n’était pas chose facile. «Cela a changé», confie Pascal Meyer,
«maintenant, ce sont les fournisseurs qui frappent à ma porte!» C’est que, en
Suisse romande, une start up du domaine internet qui débute sans un sou et
réussit est denrée rare. Avec 97’000 visites uniques par jour, 140’000 membres,
15’000 abonnés sur Facebook, et 15 millions de chiffre d’affaires annuel réalisé
avec 16 employés, Qoqa atteindra bientôt son seuil de rentabilité. Dans ce
modèle économique, les marges sont évidemment très faibles. Pour l’instant, la
clientèle suisse alémanique ne représente que 10% du chiffre d’affaires en
Suisse. Le potentiel est là, même si créer l’émotion et le buzz outre Sarine
n’obéit pas forcément aux mêmes règles qu’en Suisse romande.
Les secrets
de cette réussite?
Il faut tout d’abord découvrir le site, souvent de bouche à oreille. Lorsqu’on y
entre, on est frappé par le graphisme simple, épuré, sans publicité ni
fioriture. Quotidiennement, la page d’accueil, consacrée à l’article du jour,
est différente. Autre originalité: humour, émotion et proximité. Si les données
techniques de l’article du jour sont extrêmement précises et détaillées, sa
présentation est un vrai délice de lecture. S’y mêlent humour et imagination
quotidiennement renouvelés. La partie allemande du site présente le même
article, mais le texte de présentation sort d’une autre imagination délirante,
dans un respect parfait de la langue de Goethe. On est à mille lieues d’une
traduction simultanée. Autre astuce, Qoqa crée un vrai dialogue avec ses
membres. Chaque article est discuté, vanté, contesté, critiqué, comparé, ce qui
permet à chacun de se faire sa propre opinion avant de commander.
Qwine.ch
Dans son équipe, Mister Qoqa possède une perle: un œnologue qualifié qui a la
mission de gérer Qwine.ch. Même principe: un vin par jour, et par n’importe
lequel. Problème: l’engouement est tel qu’il faut être debout avant l’aube pour
commander avant épuisement du stock.
Pascal Meyer,
l’article le plus cher ? «un lot de Mini-Cooper à 22’222 francs au lieu de
33’000 francs ». L’article le moins cher ? «des montres vendues à 0 franc le
lendemain, juste pour remercier». Encore sur le coup de l’émotion,
probablement!
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