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INTERNET. Jamais l'engouement pour un réseau social de partages de photographies
n'aura été aussi fort. Etonnant et apparemment contradictoire. Quelques pistes
pour "faire avec".

La cité de
Gruyères photographiée et manipulée par les filtres vintage d’Instagram.
Depuis l'apparition de la photo numérique
accessible à chaque bourse – c'était au début des années 2000 –, la qualité des
photos n'a cessé de s'améliorer, dépassant largement la qualité des appareils
argentiques d'autrefois. Grâce à des capteurs toujours plus performants, la
résolution des appareils actuels flirte avec les 16 à 20 mégapixels. Même avec
les smartphones de dernière génération, on produit des photos de bonne qualité.
Est-ce contradictoire? Avec l'application Instagram que l'on
trouve sur les plates-formes pour Apple et Androïd, on partage dans son réseau
d'amis (et de dizaines de millions d'inconnus) des photographies d'une
résolution misérable de seulement 612 × 612 pixels, une résolution 43 fois
inférieure à celle obtenue par un appareil de 16 mégapixels! L'application offre
également 18 filtres qui permettent de modifier certains paramètres
colorimétriques, avec une nette tendance à la vieillir, lui donnant un look des
années 1960. Un clin d'œil est donné à deux ancêtres: L'Instamatic de Kodak et
le Polaroïd.
Vous vous souvenez de l'Instamatic? Il
représentait la première génération d'appareils photographiques bon marché et
facile à utiliser grâce à une cassette que l'on insérait dans le boîtier. Cela
donnait des pellicules carrées de 28 mm de côté. L'aspect vintage des photos
produites par Instagram rappelle aussi la période du Polaroïd et des premières
photos couleur de format carré à développement instantané qu'il produisait à
partir de 1963.
Un succès vertigineux
Créée en décembre 2010, l'application compte déjà plus de 50 millions
d'utilisateurs. Chaque seconde, 60 photos entrent dans sa base de données. Un
nouvel utilisateur s'inscrit chaque seconde. Plus d'un milliard de photos ont
été téléchargées jusqu'à présent. Un vrai engouement qu'aucune autre solution de
réseau de partage de photographies n'avait pu atteindre.
C'est donc un vrai phénomène, pourtant sans logique économique évidente, qui
apparaît sur les portables. Il suffit de saisir certains mots-clés (tags) pour
s'apercevoir que notre région est bien représentée dans cette vaste base de
données. Les photos proviennent avant tout de touristes qui ont visité notre
région, la chocolaterie de Broc (#cailler) et la cité de Gruyères (#gruyeres)
totalisant à elles seules déjà plus de 1000 photos.
Mode d'emploi
Après avoir chargé l'application sur votre smartphone, vous devez vous inscrire
en indiquant un login et un mot de passe. Photographiez, modifiez éventuellement
votre photo avec l'un des filtres proposés. Avant de l'envoyer, il y a une
petite subtilité qu'il faut connaître. Si vous désirez que cette photo soit vue
par quiconque, il est nécessaire d'y ajouter des mots-clés constitués
d'expressions en un seul mot, et précédés d'un hash (#). Exemple après une
visite du musée Giger: #giger #museum #gruyeres #switzerland ... etc.). Un texte
descriptif peut être ajouté, mais il n'est pas pris en considération dans la
recherche.
Comme dans Facebook, vous pouvez créer un réseau d'amis. Mais vous pouvez
visionner les photos de quiconque dans la recherche. Attention! Les photos que
vous envoyez son géotaggées. On retrouve donc à quelques mètres près l'endroit
où la photo a été prise.
Avec votre compte, vous avez un accès plus aisé à partir d'un poste fixe en
utilisant l'un des nombreux sites créés autour et avec l'autorisation d'Instagram,
dont: gramfeed.com, web.stagram.com, statigr.am et bien d'autres.
Détail final: Instagram a été acquis en
avril pour un milliard de dollars par Facebook. Malsain et infondé pour deux
entreprises qui n'auront qu'un destin très éphémère dans le monde Internet. |