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MUSIQUE. La musique accessible en ligne va succéder à notre collection de
vinyles et de CD. Pourquoi et comment?

Les dizaines de
milliers de francs investis dans une discothèque personnelle ne se justifient
plus.
Vous aimez écouter la musique? Vous aimez la
collectionner? Deux applications, Spotify et Deezer, sont en train de bousculer
fondamentalement notre approche et nos habitudes par rapport à l'écoute
traditionnelle. De manière totalement légale, il est maintenant possible
d'écouter la musique et les titres de notre choix où que nous soyons sur PC ou
Mac fixe, sur portable et sur smartphone en wifi et même en déplacement. Tout
ceci pour un montant mensuel acceptable. Avec les 12 à 20 millions de titres mis
à disposition et disponibles pour l'écoute à tout moment, cela représente
presque huitante ans de notre existence passés à écouter de la musique 24 heures
sur 24, des titres accessibles depuis le début du XXe siècle jusqu'aux dernières
parutions de la semaine.
Deezer.com, une start-up française, a commencé son activité en 2007.
Partie d'une petite équipe, qui, dit clairement, violait les règles de
copyright, a su par la suite trouver un certain nombre d'arrangements avec les
majors de l'industrie phonographique. Pour l'instant, et malgré les levées de
fonds de 100 millions d'euros auprès d'un riche investisseur russe, l'entreprise
est clairement déficitaire.
Spotify.com, une start-up
suédoise, a été lancée en octobre 2008, sur un modèle très similaire à Deezer.
Également déficitaire, le site offre actuellement plus de 15 millions de titres
musicaux à disposition des utilisateurs. Elle vient de réussir à trouver 100
millions de dollars auprès de sponsors.
Pour ces deux acteurs européens, la tâche est ardue. Dans le
modèle choisi, il y a les internautes qui écoutent la musique gratuitement.
Vitaux sont les internautes qui seront prêts de payer une somme mensuelle (12 fr.
95 par mois pour un abonnement Premium à Spotify).
Finalement, tout dépend des contrats conclus avec les majors de l'industrie
phonographique. Ce sont eux qui décident à qui des droits vont être accordés et
dans quelles conditions. Fondamentalement, du moment où l'internaute paye pour
une prestation et que celle-ci est récompensée par des royalties attribuées aux
œuvres écoutées, le système est fondamentalement loyal. On s'éloigne du piratage
illicite pratiqué depuis plusieurs années sur les sites d'échanges peer-to-peer
comme piratebay, kissasstorrents et autres résistants en marge de la légalité.
Ces nouveaux acteurs doivent tout d'abord
convaincre des grands majors mondiaux de l'industrie phonographique que sont
Universal Music Group, Sony Music Entertainment et Warner Music Group, ce
dernier étant le plus résistant à s'allier à ces nouveaux réseaux. Mais en plus,
il faut pouvoir conclure des accords avec les différents représentants de droits
d'auteur de chaque pays. Un travail difficile qui explique que, pour l'instant,
ces sites sont largement déficitaires. Ils le sont aussi parce que moins de 20%
des internautes acceptent de payer une somme mensuelle minimale pour une écoute
sans limite des titres désirés.
A qui appartient la musique?
Autrefois, avec les microsillons 78, 33 et 45 tours,
puis avec les CD, c'était clair: j'ai acheté, cela m'appartient pour une écoute
non commerciale. Cela fait partie de ma discothèque physique. Avec la musique
téléchargée sur iTunes Store, Amazon et autres, c'est beaucoup plus flou. On
paye le droit d'écouter sous certaines restrictions et en qualité sonore
réduite, mais rien ne m'appartient. Avec des sites tels que Spotify, je sais que
je verse mensuellement la moitié du coût d'un CD pour accéder, quand je le veux,
en une fraction de seconde, à un discothèque mondiale connue et à découvrir.
Une mutation physique et psychologique sûrement gagnante.
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