ECHELON, c'est le nom de code d'un
réseau d'écoutes mondial mis au point par le plus secret des services
secrets américains, la NSA (National Security Agency). Le système est
en mesure d'intercepter, d'analyser et de trier toutes les
communications de la planète (téléphones, fax, ondes radio et TV,
téléconférences, câbles sous-marins internationaux, communications
satellites, et, cela n'a rien vraiment d'étonnant, les communications
internet, et en particulier le courrier électronique et les échanges
de données entre les entreprises.
Cette réalité, qui tétanise
littéralement les gouvernements et les grands de l'économie mondiale, a
pourtant nécessité près de 10 ans pour être enfin prise au sérieux.
Et pourtant, en août 1988 déjà, un journaliste d'investigation anglais,
Duncan Campbell, avait révélé l'existence du projet Echelon (www.gn.apc.org/duncan/echelon-dc.htm).
Ce n'est que 8 ans plus tard qu'un néo-zélandais, Nicky Hager, publiait
un livre détaillant le programme américain (www.hr/mprofaca/echelon01.html).
Il y a une année, le Parlement européen commande à Campbell un rapport
circonstancié sur le programme en cours, qui provoque un choc
médiatique.
Pour réaliser cette vaste oreille
planétaire, les Etats Unis, qui ont installé le cerveau du réseau à
Fort Meade et et Sugar Grove (EU), utilisent actuellement des
"alliés" que sont le Royaume Uni (Menwith Hill et Morwenstow),
l'Australie (Geraldton) et la Nouvelle Zélande (Waihopal). La NSA compte
actuellement 21 000 fonctionnaires et dispose d'un budget annuel de 3,6
milliard de dollars. Dans son site, la
NSA se définit comme l'organisation cryptologique de la nation
américaine ayant pour but de coordonner, de diriger et d'exercer des
activités hautement spécialisées servant à protéger les systèmes
d'information du pays et de livrer des informations sur les systèmes de
renseignement des pays tiers. Elle s'affirme également comme un des
centres les plus importants pour l'analyse de langages étrangers et de
recherche pour le gouvernement américain. Je n'ai par contre trouvé
aucune mention du système d'écoutes Echelon. A
une autre adresse, vous trouverez par contre (mais en anglais) de
très nombreuses informations, réflexions et liens sur la NSA et son
système Echelon.
Ne vous imaginez pas que TOUT ce que vous
dites au téléphone ou écrivez dans un mail soit lu systématiquement.
Selon la description d'un brevet déposé le 10 août 1999 par la NSA pour
le compte du gouvernement américain (à découvrir dans la base de
données des brevets américains à l'adresse www.uspto.gov/patft),
la NSA utilise un système extrêmement sophistiqué d'occurrence de
mots-clefs, impossible à décrire ici en quelques phrases. Comme il est
impossible de tout écouter, l'organisation espionne uniquement certains
thèmes ou domaines sensibles (le présent article, transmis au journal
La Gruyère par e-mail, puis placé sur le Net, sera logiquement repéré).
Qui doit principalement redouter l'espionnage des communications? Ce sont
les gouvernements, les militaires, les grands consortiums économiques (des
contrats qui filent de manière illogique à son grand concurrent),
mais aussi les criminels, les organisations mafieuses, les réseaux de
contrebande et les terroristes internationaux.
Paradoxalement, le Parlement européen
réuni en séance plénière le 5 juillet dernier, adopte à la majorité
la proposition de NE PAS constituer de commission d'enquête, telle
qu'elle avait pourtant été prévue. On s'en tiendra à une commission
sans moyens d'enquête sur l'amélioration de la sécurité des données.
Visitez à ce propos www.intelligenceonline.fr,
un site extraordinairement bien réalisé et spécialisé sur tout ce qui
touche l'espionnage, le cryptage et le monde des renseignements. C'est là
qu'on apprend que le système d'exploitation Windows est suspecté de
contenir une "backdoor" (sorte de module de communication)
avec la NSA.
Il y a malaise à Bruxelles: Le Royaume
Uni collabore à la NSA, la France (et la Russie) a son propre système
d'écoutes et les pressions économiques, politiques et militaires
exercées par l'Oncle Sam sont efficaces. La situation s'enlise. Pendant
ce temps, les Etats-Unis mettent au point leur projet appelé IOSA leur
permettant de s'affranchir complètement de leurs "alliés" au
sol, grâce à un réseau mondial de nouveaux satellites et de drônes
(des avions sans pilote).
Le monde du 21ème siècle n'a ni
freins, ni vitesse arrière, juste la pédale des gaz. Et nous sommes
tous dans le véhicule. Attachez vos ceintures!
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