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Le patois, langue secrète du petit Valentin

Dimanche 19 août 2001, l'édition dominicale du Journal Le Matin nous révélait une facette étonnante de l'utilisation du patois. Bien peu de jeunes le savent encore et le dialecte gruérien tend à disparaître. Mais le petit Valentin, qui l'a appris de son papa, l'utilise comme un langage secret, une langue de confidences. A une époque dont le langage se reconstruit sur les valeurs du rap et des "effets-mode", le petit Valentin et sa famille sont un exemple pratique de la dynamique du patois.


Le jeune Valentin Kolly de Pont-la-VilleValentin Kolly n'a que 8 ans. Il parle (et chante) parfaitement le patois, la langue parlée normalement par ses grands-parents et Denis, son papa. Il parle tellement bien l'idiome de ses ancêtres qu'il a déjà participé à l'émission en patois que Radio Fribourg diffuse en direct le premier dimanche du mois. C'était l'an passé. "Ce gamin a le patois dans le sang", commente Albert Bovigny, l'animateur de cette émission très écoutée.
Valentin Kolly porte fièrement le bredzon et aime cette langue. Il l'utilise fréquemment lorsqu'il part aux courses avec ses parents ou qu'il donne un coup de main à son père qui exploite, outre un domaine à Pont- la-Ville, un commerce de pneus dans l'annexe de la "maison du patois"  (c'est ainsi que leur ferme est appelée par les anciens de ce village gruérien). 
"Devant les clients, Valentin ne dit rien. S'il veut me demander quelque chose, il le fait en patois, que la plupart des gens ne comprennent pas", rapporte son père. La langue secrète que Valentin partage avec ses parents. Celle aussi dont il use en "faisant les commissions avec maman", pour que personne ne sache de quoi il parle. 

Langue secrète, langue discrète...
"Lorsque j'ai commencé l'école, je ne parlais pas le français", se rappelle Maria, la grand-maman. Il était interdit de parler le patois." Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. "Quelques enfants du village parlent aussi le patois, mais la maîtresse ne le sait pas, raconte Valentin. "J'aime le patois, parce que c'est une belle langue." Il apprend par cœur des chansons traditionnelles, dont celles que son père a enregistrées jadis sur un 45 tours avec Les chanteurs de Pont-la-Ville.

Auteur: Nicolas Ruetsche, Journal Le Matin du dimanche 19 août 2001
Photo noir-blanc : Nicolas Repond


La "Maison du Patois" de la famille Kolly à Pont-la-Ville
(photo Pierre Schwaller)


Publié avec l'autorisation du Journal Le Matin



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