|
Depuis
toujours, Ulrich Ackermann a rêvé de «photographier une montagne
toute entière». Les expéditions à vol d'oiseau au-dessus de la
Gruyère lui ont permis de vivre pleinement cette quête visuelle.
Au printemps 2004, il a présenté pour la première fois une
sélection de ses photographies au château de Gruyères. Le
présent volume rassemble 80 illustrations, et nous fait
redécouvrir le regard saisissant porté par le photographe bernois
sur le paysage gruérien.
Ulrich Ackermann est né le 31 janvier 1947 à Berne. Après avoir
obtenu un diplôme d'employé de commerce, il s'adonne à sa
véritable passion, la photographie, et apprend les ficelles du
métier dans l'atelier d'Hugo Frutig à Berne. Ackermann est un
voyageur invétéré. Les sites naturels, les animaux et les êtres
humains rencontrés autour du globe fascinent cet observateur qu'on
peut qualifier de doux et sensible. Survolant l'Alaska à plusieurs
reprises, il développe dans cette contrée son intérêt pour la
prise de vue aérienne. Ses reportages et ses clichés font l'objet
de multiples publications dans des ouvrages, des magazines et des
calendriers.
Les
vues de la Gruyère marquent un haut moment de créativité.
Réalisées à bord d'un Piper Super Cup, elles sont le fruit d'un
intense travail d'exploration qui a commencé en automne 2001 et
s'est achevé au printemps 2003. Ackermann fait preuve d'une
incontestable virtuosité technique. Il
utilise son outil favori, un Hasselblad X-Pan (format 24 x 65), et
tire le meilleur parti des possibilités panoramiques de cet
appareil. D'autre part, il n'hésite pas à expérimenter les formats
à la verticale et excelle à restituer la grandeur de la montagne,
depuis le fond de la vallée jusqu'au pic. Le parcours au-dessus
des Préalpes fribourgeoises est époustouflant. Nombre de
photographies portraiturent les lieux symboliques.
Il ne manque ni la silhouette
voluptueuse du Moléson, ni l'enrochement médiéval du castel de
Gruyères, ni la dentelle rocheuse de la chaîne des Gastlosen.
Cependant, grâce à son oeil d'aigle,
Ackermann innove et amène des points de vue vertigineux. Les monts
s'égrènent comme les perles d'un collier et sont restitués dans un
contexte géographique des plus vastes. Si les connaisseurs
retrouvent des repères et des topographies familières, le
spectateur est avant tout surpris par les perspectives
inattendues.
Les compositions dégagent une sensation de calme et d'équilibre.
jamais on ne pourrait s'imaginer qu'elles ont été exécutées en
plein vol et que la main du photographe a été soumise aux aléas de
la vitesse et de la mobilité de l'avion. Les photos sont précises
jusqu'au plus petit détail, leur cadrage et les valeurs
chromatiques parfaitement maîtrisés.
Extrait d'un texte de Raoul Blanchard et
Anita Petrovski
|