| Voici que surgit tout autre chose. Du moins, c'est daté
sans contestation possible. Mais que vient faire ce gros homme
noir, arrêtant Saint Nicolas au milieu de la rue des Epouses
pour remplir de friandises son vaste chapeau? Tout cela
demande explication.
L'homme en noir
n'est autre que Fernand-Louis Ritter,
également professeur de dessin à St-Michel, qui vivait avec
son collègue Reichlen une rivalité bien affirmée. Les deux
hommes ne s'estimaient guère! Il faut voir dans cette carte
une sorte de concurrence émanant des élèves de Ritter, bien
que leur professeur n'ait assurément aucune part dans ce
dessin, qui relève de la caricature. C'est, du moins, mon
hypothèse.
Cela tendrait à confirmer que, dans ces débuts,
la publication et la vente d'une carte ont été laissées à
de libres initiatives.
A mon sens, cette image a au moins deux mérites: elle
représente la halte traditionnelle que Saint Nicolas faisait
devant la pâtisserie Leimgruber à la rue des Epouses, et
elle introduit l'actualité, sous forme de "carte de
pain" et de victuailles déposées dans le chapeau, en
relation avec le rationnement des denrées alimentaires
instauré pendant la guerre. Un thème qui reviendra, hélas
bien trop vite, sur les images des années 40!
La Foire de
1917 fut particulièrement austère: il n'y eut pas d'oranges,
pas de mandarines, peu de biscaumes, et Saint Nicolas sur son
âne n'y fit qu'une brève apparition.
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