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Entre la Tour de Dürenbuhl et Lorette, Saint Nicolas descend
vers Fribourg, mais il n'emprunte pas le chemin pavé. Il glisse
sur un nuage, ou plutôt sur le brouillard qui, en ce début
décembre, s'amasse dans la courbe de la falaise, au-dessus de
l'usine électrique de l'Oelberg. Le paysage, vu depuis
l'entrée de la vallée du Gottéron, évite tout juste la
Chapelle de Lorette, qui viendrait se loger à l'extrême droite
de l'image.
La circonstance qu'illustre le dessin est en même temps le
sujet du poème qui l'explicite: pour la première fois, le
discours de Saint Nicolas est retransmis par haut-parleurs.
L'orateur céleste étant juché sur un bord de fenêtre de la
Grenette, il peut donc être entendu sur toute la Place de
Notre-Dame, planant au-dessus du bruit des boutiques et de la
bataille de confettis. L'outillage, tel qu'on le voit ici, est
le fidèle reflet de ce temps. L'âne en est abasourdi: voyez
son air affolé !
Au moment où j'écris ce commentaire (1999), notre ami
Charles Müller vit douloureusement ses années de retraite,
après avoir consacré toute son existence à soigner la
population disséminée en Basse-Gruyère, sur la rive droite de
la Sarine. Un vrai médecin de campagne, prêt à tout,
n'économisant pas sa peine, se dévouant quotidiennement. Et
son poème de jeunesse est bien joli ...
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