|
EUGÈNE REICHLEN
(né à La
Tour-de-Trême, le 18 juillet 1885,
décédé à Fribourg, le 28 mars 1971)
Professeur de dessin au Collège St-Michel de Fribourg de
1909 à 1956, il avait complété son diplôme de professeur
dessin du Technicum de Fribourg par des études dans de
célèbres centres européens (École des beaux-arts de Munich
- Académie Julian à Paris) sous la houlette de maîtres
renommés.
Il dessine la première carte à l'occasion de la
Saint-Nicolas en 1916; il continue d'en assurer la
publication, avec obstination et bonheur, jusqu'en 1955, soit
dans sa dernière année d'enseignement. Saluons donc en lui
le fondateur et le mainteneur de la Carte de saint Nicolas.
Son rayonnement artistique ne se borne pas à ce sujet qui
nous intéresse ici tout particulièrement. Dans ses classes,
il initie ses élèves aux techniques les plus diverses et
favorise ainsi la naissance de quelques beaux talents. Connu
pour l'habileté et le charme de ses dessins, il est
rapidement sollicité de toutes parts pour l'illustration de
plusieurs ouvrages. Signalons en particulier l'édition, en
1918, des Légendes de la Gruyère, de Marie-Alexandre Bovet:
ses dessins lui attirent des demandes pour des ouvrages
similaires du district de la Singine, mais aussi du Valais,
des Grisons, du Lötschental. L'héraldique capte aussi son
intérêt. Il en devient un connaisseur réputé et dessine
d'innombrables armoiries tant pour des particuliers que pour
des collectivités. Il compose des drapeaux, des meubles, des
gobelins. Il grave à l'eau-forte une trentaine de planches.
Il participe à toutes les expositions organisées par la
Société des Amis des beaux-arts de Fribourg.
Mais c'est pendant les vacances d'été, qu'il passait à
Bellegarde, que s'épanouit son goût pour la peinture de
chevalet. Ses tableaux représentent surtout le paysage
montagnard de la Gruyère et de la Haute-Singine. Il en
retrouve les tracés exacts, mais aussi la lumière avec
toutes les nuances du temps, les chalets et leurs habitants, y
compris les mystérieuses présences des gnomes à bonnets
rouges et des fées fantasques.
Parce qu'il vit en parfaite symbiose avec le pays qui l'a
vu naître et ses habitants, Eugène Reichlen mérite une
place importante dans la longue suite des artistes gruériens. |